11 décembre 2006
Saint Damase 1er, Pape
Né à Rome vers 305, Damase fut diacre du pape Libère (352-366) qu’il accompagna en exil (355) ; retourné assez vite à Rome, il prit du service auprès de l’antipape Félix II (355-365) mais se réconcilia avec le pape Libère quand celui-ci fut autorisé à rentrer à Rome. A la mort de Libère (24 septembre 366) éclatèrent de violents désordres : les fidèles du défunt pape, réunis dans la basilique Julienne, élisaient le diacre Ursin à sa succession et le faisaient sacrer ; les autres où l’on voyait beaucoup de partisans du défunt antipape, choisirent Damase et soudoyèrent un bande de voyous qui firent l’assaut de la basilique Julienne où, pendant trois jours, on massacra des ursiniens. Le 1° octobre 366, après que ses partisans se furent emparé de la basilique du Latran, Damase fut sacré et, avec l’appui du préfet de la ville, fit chasser Ursin et ses fidèles de Rome d’où les derniers disparurent dans la prise de la basilique libérienne (26 octobre 366).
Pour les chrétiens du IV° siècle, les catacombes sont des cimetières où ils enterrent chaque jour les leurs qui veulent reposer près des martyrs, mais l'accès est malaisé (éboulements, dégradations, vétusté). Après la paix constantinienne, de somptueuses basiliques sont édifiées en l'honneur des martyrs : Saint-Pierre, Saint-Paul, Saint-Laurent, Sainte-Agnès ... Devait-on multiplier ces monuments qui demandaient d’énormes dépenses ? Le pape Damase préféra restaurer le culte des martyrs dans les catacombes elles-mêmes et il entreprit des fouilles systématiques pour découvrir les tombes inconnues ou méconnues. Dans la Via Salaria vetus, la catacombe des saints Prothe et Hyacinthe est explorée, restaurée et embellie. On relie les salles par des escaliers qui facilitent la marche et la circulation des pèlerins. Au cimetière de Saint-Sébastien, Damase met à jour et honore les reliques du pape saint Eutychien (mort en 283). Non content de restaurer et de canaliser la dévotion populaire, le maître-d'œuvre compose et appose une bonne cinquantaine d'inscriptions. Tibulle, poète élégiaque du I° siècle avant Jésus-Christ, exprimait le souhait : Fac lapis inscriptis stat super ossa notis, (Fais en sorte que, grâce aux inscriptions sur pierre, nos restes soient identifiés) ; ce sera l'actif souci du pape Damase. Les fragments découverts dans la crypte des papes du cimetière de Calliste permettent de reconstituer l'hommage de Damase aux témoins ici rassemblés : Ci-gît, réunie, une foule de saints. Si vous les cherchez, leurs corps sont réunis dans ces vénérables tombes. Quant à leurs âmes sublimes, les célestes royaumes les ravit. Ci-gisent les compagnons de Sixte ; de l'ennemi, ils portent les trophées. Ici, nombre d'hommes illustres gardent les autels du Christ. Ci-gît un évêque dont la vie s'écoula en longue paix. Ici, les saints confesseurs, transférés de Grèce, reposent. Ici, vous trouverez : jeunes gens, enfants, vieillards, chaste génération qui pudeur garda. Ici, je l'avoue, Moi, Damase, j'aurais souhaité faire ensevelir mes restes. Je m'en suis abstenu, soucieux de ne pas troubler les pieuses cendres des saints.
Sur la tombe d'un prêtre, via Latina, Damase fit graver cette épitaphe : Marcellin et Pierre, écoutez le récit de votre triomphe ! Dans mon enfance, le bourreau lui-même me raconta ce qui suit. Le persécuteur acharné avait ordonné de vous trancher la tête au milieu des broussailles pour que leur tombeau ne soit pas retrouvé. Joyeux, vous avez vous-mêmes creusé la fosse. Après avoir, un moment, reposé sur cette blanche sépulture, vous avez averti Lucile, lui demandant de faire transférer vos restes. Elle les ensevelit alors, sur la via Labricane.
Si Damase ne fut pas un très grand versificateur, il eut le génie et le courage du restaurateur, soucieux de canaliser la piété populaire par le culte des saints et les pèlerinages à leurs tombes. On lui doit aussi la fondation de Sainte-Anastasie, de Saint-Laurent-in-Damaso, de Saint-Clément, de Sainte-Pudentienne et du baptistère de Saint-Pierre. Son rôle n'est-il pas celui d'un pontife éclairé qui, non seulement prescrit la doxologie (formule de louange) Gloria Patri, à la fin des psaumes, mais surtout établit des rapports étroits entre Eglise et Etat, après l’extirpation des vieilles hérésies. Il mourut le 11 décembre 384, presque octogénaire sous l’empereur Théodose, dit saint Jérôme.
Lundi 12 décembre
Saint Anselme
Et toi, Seigneur, jusques à quand ? Jusques à quand, Seigneur, nous oublieras-tu ? Jusques à quand détourneras-tu de nous ton visage ? Quand nous regarderas-tu et nous exauceras-tu ? Quand éclaireras-tu nos yeux et nous montreras-tu ta face ? Quand reviendras-tu à nous ? Regarde-nous, Seigneur, éclaire-nous, montre-toi à nous. Rends-toi à nous pour que nous nous portions bien, nous qui, sans toi, allons si mal. Aie pitié de nos laborieux efforts vers toi, nous qui sans toi ne valons rien. Tu nous invites, aide-nous donc ! Je t'en prie, Seigneur, que je ne désespère pas en soupirant, mais que je respire en espérant. Je t'en supplie, Seigneur, ma désolation rend mon cœur amer, rends-le doux par ta consolation ! Seigneur, courbé, je ne puis que regarder vers le bas. Redresse-moi pour que je puisse me tendre vers le haut. Qu'il me soit permis de pressentir ta lumière, au moins de loin, au moins des profondeurs. Apprends-moi à te chercher et montre-toi à qui te cherche ; car je ne puis te chercher si tu ne me guides, ni te trouver si tu ne te montres. Je te cherche en te désirant et te désire en te cherchant. Que je te trouve en t'aimant et que je t'aime en te trouvant !
Proslogion, 1.
Mardi 13 décembre
Hymne Auteur : AELF / Éditeur : CNPL
Sainte Mère de notre Rédempteur
Porte du ciel, toujours ouverte,
Étoile de la mer,
Viens au secours du peuple qui tombe
et qui cherche à se relever.
Tu as enfanté, ô merveille !
celui qui t'a créée,
et tu demeures toujours vierge.
Accueille le salut de l'ange Gabriel
et prends pitié de nous, pécheurs.
Mercredi 14 décembre
Jean de la croix ( traduction de dominique poirot)
Durant une nuit obscure,
Des feux d’un désir amoureux avivée,
Ô merveilleuse aventure !
Hors, je me suis esquivée ;
En ma maison la paix était arrivée.
II
Dans les ténèbres, et très sûre,
Déguisée, la secrète échelle bravée,
Ô merveilleuse aventure !
Dans les ténèbres et lovée ;
En ma maison la paix était arrivée.
III
Durant cette nuit heureuse,
Dans un tel secret que nul ne me voyait,
De toute chose oublieuse,
Un simple rai m’aiguillait ;
Sa lumière chaude en mon cœur chatoyait.
IV
Et sa clarté me guidait
Plus sûre que celle d’une mi-journée,
À l’endroit où m’attendait
L’élu de ma destinée ;
En ce lieu caché, de tous abandonnée.
Jeudi 15 décembre
Jean de la croix ( traduction de dominique poirot)
Ô nuit qui sus me guider !
Ô nuit, plus aimable qu’un jour au lever !
Ô nuit qui sus nous brider,
L’amant m’ayant pu trouver ;
Aimée en l’amour, l’aimé put m’enlever
!
VI
Entre mes seins tout fleuris
Lesquels pour lui seul en entier se gardaient,
Il s’endormit là, chéri ;
Mes caresses il validait
Et l’éventail des cèdres le déridait.
VII
Quand l’air soufflait aux bretèches,
Dénouant ses cheveux j’écartais ses mèches
;
À la nuit, de ses mains fraîches,
Il m’ouvrait au cou la brèche,
Et mes sens tout épris n’étaient plus revêches.
VIII
Terrassée et subjuguée,
Le visage sur l’aimé je reposai,
Tout cessa, j’étais au gué ;
Nul souci je ne pesai,
Oublié, parmi les lis je me grisai.
Vendredi 16 décembre
SAINT JEAN DAMASCENE
Ô merveille ! La Vierge est un ciel, puisque de ses trésors
impénétrables, elle fait briller le Soleil de Justice
; elle est une terre, puisque de son sein très pur, elle
fait pousser l’épi de vie ; elle est une mer, puisque
de ses profondeurs, elle met au jour une perle spirituelle !
Jamais aucune créature ne fut aussi proche de Dieu que
la Vierge bienheureuse et tout admirable. Quoi de plus pur ? Quoi
de plus saint ? Elle fut si passionnément aimée
de Dieu, lumière suprême d’une infinie pureté,
que, par l’irruption en elle du Saint-Esprit, le Verbe se
mêla à sa substance et naquit d’elle, homme
parfait, et pourtant pleinement lui-même, sans changement
ni mélange. Quelle merveille ! Dans son immense amour pour
les hommes, il n’a pas rougi de prendre pour mère
celle qui était sa servante. Quelle condescendance ! Dans
son infinie bonté, il n’a pas hésité
à devenir l’enfant d’un des êtres qu’il
avait lui-même façonnés ; épris de
la plus gracieuse de ses créatures, il désira s’unir
à celle qui surpasse en mérite les puissances du
ciel.
17 décembre
O Sapientia, quæ ex ore Altissimi prodisti, attingens a fine usque ad finem, fortiter suaviter disponensque omnia: veni ad docendum nos viam prudentiæ.
O Sagesse, sortie de la bouche du Très-Haut, qui enveloppez toutes choses d'un pôle à l'autre et les disposez avec force et douceur, venez nous enseignez le chemin de la prudence.
















